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Cath Par l'Oiseau de Feu
Conçue lors d’une nuit d’allégresse - la guerre avec toutes ses horreurs, ses privations et les angoisses qu’elle suscitait, était finie – je fus propulsée, dans ce monde, par ma mère, 9 mois plus tard, dans la détresse. Je n’étais pas souhaitée. Elle était fatiguée et peu encline à materner une nouvelle fois. Seule personne heureuse de cet évènement : la jeune gouvernante qui s’occupait déjà de l’éducation des enfants de la maison. Elle avait enfin sa petite princesse !
 
J’occupais immédiatement la vaste et belle cuisine surchauffée en compagnie de ces deux femmes silencieuses. Les bruits des chaudrons et de la machine à coudre me berçaient,  l’une préparant les repas, l’autre confectionnant entre autres les vêtements des enfants.
 
Le samedi et le dimanche, le patriarche s’installait quelques instants dans le fauteuil, au bout de la table, et lisait son journal en silence. Parfois, il descendait un livre de sa bibliothèque et parlait toujours de ses deux héros : Jeanne d’Arc la pucelle et l’ambitieux Napoléon. Ma mère lui répondait alors par monosyllabe, toujours avec humour et subtilité.
 
Dans mon petit coin, je ne bronchais pas. Du reste, qui aurait pu me comprendre ? J’avais le palais ouvert. Mais j’allais vers ce père et j’essayais de capter son attention en grimpant sur ses genoux et en l’embrassant. Et il acceptait de jouer avec moi.
 
J’ai donc fait comme les adultes : en silence, j’ai travaillé dans mon coin et j’ai lu des livres d’histoire bien sûr, contente de susciter l’intérêt de ce vieux père. J’ai pris également mes crayons, mes pinceaux et sans un mot, j’ai dessiné, j’ai écrit. Et le premier compliment reçu fut celui du coiffeur à domicile qui venait, pour mon père, lui tailler une brosse courte et drue. Il disait alors que j’étais « douée », ce que je doutais car les compliments n’existaient pas à la maison.
 
Depuis, je n’ai pas changé – je travaille et je lis - mais je m’exprime avec sérieux ou avec humour. On hérite souvent des qualités et défauts de ses parents !
 
Le reste de ma vie n’a aucune importance pour les autres.
 
L’Art et L’Histoire me bercent. Je retransmets ce que je peux comme un passeur. Demain, mes écrits et mes diaporamas resteront peut être.
Propriétaire : C. Martinet  Support Technique J-P Perrault
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